CARCER

AI1431
AI1431
POH1551
POH1551
UV141
UV141
VV1451
VV1451
UV142
UV142
HAVV1441
HAVV1441
MZ511
MZ511
OO741
OO741
OO721
OO721
MOH131
MOH131
HS124
HS124
HS123
HS123
AI121
AI121
AS411
AS411
HS422
HS422
HS421
HS421
AI123
AI123
AI122
AI122
HS451
HS451
HS131
HS131
AS123
AS123
AS111
AS111
MI131
MI131
MZ112
MZ112
MZ422
MZ422
MZ132
MZ132
MM221
MM221
MM114
MM114
MM112
MM112
MM115
MM115
MM113
MM113
MM116
MM116
HS121
HS121
AZ1431
AZ1431
MIZ431
MIZ431
MZ131
MZ131
AI111
AI111
AI112
AI112
MZ111
MZ111
IO141 w
IO141 w
IO142
IO142
IO143
IO143
IO431
IO431
IO441
IO441
IO442
IO442
IS331
IS331
IO445
IO445
IO432
IO432
IO444
IO444
IP1441
IP1441
CP2141
CP2141
VV1246
VV1246
VV1242
VV1242
VP141
VP141
IP21541
IP21541
VP151
VP151

À la Santé, Alcools, Guillaume Apollinaire, 1913

Avant d’entrer dans ma cellule
Il a fallu me mettre nu
Et quelle voix sinistre ulule
Guillaume qu’es-tu devenu

Le Lazare entrant dans la tombe
Au lieu d’en sortir comme il fit
Adieu adieu chantante ronde
Ô mes années ô jeunes filles

II

Non je ne me sens plus là
Moi-même
Je suis le quinze de la
Onzième

Le soleil filtre à travers
Les vitres
Ses rayons font sur mes vers
Les pitres

Et dansent sur le papier
J’écoute
Quelqu’un qui frappe du pied
La voûte

III

Dans une fosse comme un ours
Chaque matin je me promène
Tournons tournons tournons toujours
Le ciel est bleu comme une chaîne
Dans une fosse comme un ours
Chaque matin je me promène

Dans la cellule d’à côté
On y fait couler la fontaine
Avec les clefs qu’il fait tinter
Que le geôlier aille et revienne
Dans la cellule d’à côté
On y fait couler la fontaine

IV

Que je m’ennuie entre ces murs tout nus
Et peints de couleurs pâles
Une mouche sur le papier à pas menus
Parcourt mes lignes inégales

Que deviendrai-je ô Dieu qui connais ma douleur
Toi qui me l’as donnée
Prends en pitié mes yeux sans larmes ma pâleur
Le bruit de ma chaise enchaînée

Et tous ces pauvres coeurs battant dans la prison
L’Amour qui m’accompagne
Prends en pitié surtout ma débile raison
Et ce désespoir qui me gagne

V

Que lentement passent les heures
Comme passe un enterrement

Tu pleureras l’heure où tu pleures
Qui passera trop vitement
Comme passent toutes les heures

VI

J’écoute les bruits de la ville
Et prisonnier sans horizon
Je ne vois rien qu’un ciel hostile
Et les murs nus de ma prison

Le jour s’en va voici que brûle
Une lampe dans la prison
Nous sommes seuls dans ma cellule
Belle clarté Chère raison

  • Facebook Classic